Quand on lit la composition de nos produits cosmétiques sur les emballages, à moins d'être chimiste ou pharmacien, généralement, on n'y comprend pas grand-chose. D'ailleurs, il y a quelques années, personne ne s'intéressait de très près à la composition des cosmétiques en général et au paraben (parfois orthographié "parabène" en particulier.
Beaucoup de cosmétiques contiennent des additifs chimiques, notamment des parabens, qui alimentent aujourd'hui un vif débat entre les opposants au paraben et les partisans du paraben.
Les parabens sont des esters de l'acide parahydroxybenzoïque. La grande famille des parabens regroupe notamment le methylparaben, l'ethylparaben le propylparaben, le butylparaben, l'isopropylparaben et le butylparaben.
Le paraben est un dérivé du pétrole, utilisé comme conservateur et stabilisateur de formule dans les cosmétiques, ainsi que dans les médicaments et même dans certains produits alimentaires industriels (Confitures, boissons, gâteaux...). Les industries cosmétique et agro-alimentaires ont recours à des parabens de synthèse, mais les parabens existent à l'état naturel dans les mûres, les myrtilles ou la vanille Bourbon.
Tous les cosmétiques, des crèmes de jour aux déodorants, en passant par les laits pour le corps et autres soins du corps, les produits de maquillage, les shampoings, les savons, les dentifrices, etc, sont concernés. Les parabens sont un rempart contre les bactéries et les champignons susceptibles de proliférer dans les produits de beauté.
Jusque récemment, personne ne remettait en cause l'efficacité du paraben et encore moins son innocuité pour la santé humaine...
Jusque récemment seulement, car depuis quelques années, les cosmétiques industriels et certains de leurs composants, parmi lesquels le paraben, sont montrés du doigt par les médias, qui relayent les résultats de recherches scientifiques on ne peut plus sérieuses.
La controverse sur le paraben dans les cosmétiques a été véritablement lancée en 2004, avec la publication de l'étude du Dr Philippe Darbre. Cette étude révéla la présence de parabens dans des tissus mammaires cancéreux, sans toutefois conclure à l’existence d’un lien de cause à effet entre la présence de parabens et le développement du cancer du sein.
Pas de lien direct entre cancer du sein et paraben donc, mais un premier signe fort adressé aux consommateurs et aux industriels du secteur.
Le lien entre cancer et paraben n'est pas avéré, mais c'est une première alerte donnée par le monde scientifique et médical, sur les effets néfastes que pourrait avoir le paraben sur notre santé à moyen et long terme.
Et si le lien entre cancer et paraben n'est pas clairement établi, il en va de même pour celui entre les allergies et le paraben. Certaines personnes ont en effet développé des allergies au paraben, comme l'urticaire ou les dermatites de contact, mais il faut souligner que les produits naturels comme les huiles essentielles ou les graisses végétales, peuvent au même titre que le paraben, être responsables de réactions allergiques plus ou moins intenses. Rien de très probant à ce jour, sur le lien possible entre le paraben et les allergies.
En revanche, le sujet le plus inquiétant concernant les parabens est celui des perturbations possibles qu'ils peuvent engendrer sur le système endocrinien : des études scientifiques ont montré qu'il pourrait exister un lien direct entre le paraben et certains dérèglements hormonaux, avec des conséquences néfastes sur la reproduction et la fertilité masculine. En résumé, le paraben pourrait être perturbateur endocrinien et "reprotoxique", ce qui fait froid dans le dos.
Un dernier coup a été porté plus récemment au paraben avec la diffusion de résultats d'une recherche mettant en cause le methylparaben, qui favoriserait le vieillissement de la peau quand celle-ci est exposée aux rayons UV ! Un comble, quand on sait que la plupart des protections solaires traditionnelles contiennent toutes du methylparaben ! Il ne manquait plus que cela !
Ces études et discussions ont de quoi semer le doute dans l'esprit des consommateurs que nous sommes, même si pour l'instant le paraben n'est pas interdit et continue d'être largement utilisé par l'industrie cosmétique : d'ailleurs, les produits cosmétiques sans paraben sont de plus en plus demandés par les consommateurs, qui s'inquiètent et préfèrent prudemment appliquer le principe de précaution.
C'est aux consommateurs qu'il revient de faire le tri eux-mêmes, puisque les cosmétiques contenant des produits chimiques continuent d'être mis sur le marché, sans aucune autorisation préalable délivrée par les autorités sanitaires comme c'est le cas pour les médicaments. Nul besoin pour les industriels du secteur de prouver l'efficacité et l'innocuité des produits : il suffit que lesdits cosmétiques ne contiennent aucune substance interdite (par la Directive européennne n°76/768/EEC sur les cosmétiques). En clair, des substances potentiellement nuisibles et toxiques, tant qu'elles sont autorisées par la Directive européenne sur les cosmétiques, peuvent entrer dans la composition des produits de beauté.
Pour l'instant, l'industrie cosmétique continue de recourir au paraben, sans toutefois occulter le fait que celui-ci pourrait être, un jour ou l'autre, interdit : on imagine donc que les industriels assurent leurs arrières et font faire des recherches pour remplacer le paraben "au cas où"... Sans compter que de nombreux industriels de la filière cosmétique ont déjà investi le secteur de la cosmétique biologique en créant des filiales dédiées ou en rachetant des petites entreprises performantes spécialisées dans la fabrication de produits de beauté bio.
D'ailleurs, le "sans paraben" est devenu un argument de vente, et la tendance est clairement à la montée en puissance des cosmétiques biologiques et naturels, déjà évoquée sur ecofeminin.com. Pour autant, de nombreux cosmétiques mis sur le marché actuellement sont estampillés "sans paraben", alors que de fait leur formule ne nécessite de toutes façons pas de paraben.
Ce n'est pas mensonger, mais ce n'est pas pertinent, et c'est juste du marketing, pour tranquiliser un consommateur inquiet à juste titre.
La mention "sans paraben" ne signifie pas que le produit est exempt de conservateur, contrairement à ce que pourrait penser le consommateur. Dans ce cas, le produit ne contient aucun conservateur de la famille des parabens, mais peut en contenir d'autres, tout aussi synthétiques, et potentiellement irritants, allergisants ou même toxiques.
C'est d'ailleurs un argument de poids pour les pro-paraben, qui mettent en avant le fait que les substituts au paraben ne sont pas non plus exempts de tout reproche. Personne, malheureusement, n'est en mesure de se prononcer sur la qualité, l'efficacité et l'innocuité des produits de substitution au paraben.
Attention aussi au "sans paraben", mais qui en contient quand même parce que l'un des ingrédients composant le produit de beauté en contient. Dans ce cas, la quantité de paraben présente est certes infime, mais il y en a quand même !
Quels conseils pourrait-on donner au vu de ces études et controverses sur le paraben ?
Tout d'abord, il paraît raisonnable de ne pas s'affoler. Depuis un certain temps déjà, nous nous tartinons, parfois copieusement, de crèmes contenant du paraben. Pour autant, nous ne sommes pas tous et toutes atteints de cancers ou de mutations génétiques, ni ne souffrons tous de problèmes endocriniens.
Cela étant, des précautions de base paraissent indispensables, pour une utilisation plus raisonnée des cosmétiques industriels, en diminuant les doses quotidiennes et en ayant recours le plus souvent possible à l'eau, notamment pour les soins quotidiens des bébés.
Ensuite, pour hydrater l'épiderme, n'hésitez pas à privilégier les huiles et graisses naturelles, dans la mesure bien sûr où vous n'y êtes pas allergiques : beurre de karité ou de cacao, huile d'amande douce, huile d'argan, d'avocat, de nigelle...
Puisque les réponses institutionnelles, scientifiques et industrielles manquent pour le moins de clarté, voire sont carrément inexistantes, autant faire preuve de prudence et de sagesse : car c'est de notre santé à moyen et long terme qu'il s'agit, alors autant privilégier les cosmétiques biologiques ou au moins les produits de beauté (vraiment !) sans paraben.
Pourquoi ne pas finir vos tubes et flacons en cours, et vous lancer dans l'achat, en quantité raisonnable, inutile de surcharger votre salle de bains avec des produits inutiles, de produits de beauté de qualité. En préférant ainsi la qualité à la quantité, vous ménagerez votre portefeuille, et ce n'est pas plus mal, non ?! En devenant des consommateurs conscients et responsables, vous devenez ainsi des acteurs à part entière du développement durable.
D'ailleurs, pour vous guider dans vos choix et vous permettre de tester de nouveaux produits de beauté biologiques ou éventuellement d'en fabriquer vous-mêmes, ecofeminin.com a noué de nombreux partenariats avec des boutiques spécialisées et reconnues.
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