Chaque été depuis 2002, Paris Plages transforme la capitale en station balnéaire. Depuis le 20 juillet et jusqu'au 20 août, vous pouvez lézarder sur le sable, vous adonner à des activités sportives et profiter des animations culturelles.
Avec un budget en baisse de 10% en 2010 (2,2 millions d'euros contre 2,5 millions en 2009), les organisateurs, Mairie de Paris et partenaires du secteur public et privé, n'ont pas pu innover sous le soleil de Paris Plages, dont le thème central est la solidarité.
Quel est l'impact de Paris Plages qui accueillera cette année environ 5 millions de visiteurs ?
Le développement durable est le fil conducteur de l'opération: le matériel est réutilisé ou pérennisé une fois les parasols refermés, tout comme le sable, 2 000 tonnes fournies par le cimentier Lafarge, acheminées par barge depuis la carrière de Sandrancourt (Yvelines). Les voies sur berge sont fermées à la circulation, et les incitations à utiliser transports collectifs et "modes doux" (Vélo, marche à pied, etc.) ne manquent pas.
Toujours au chapitre environnemental, l'accent est mis sur le tri sélectif des déchets, avec des ateliers de sensibilisation, et la mise à disposition de gobelets consignés. Le système d'éclairage public de la voie Georges Pompidou a été modifié pour réduire la consommation d'électricité, et les brumisateurs sont équipés de minuteurs, pour éviter le gaspillage d'eau.
Paris Plages se veut solidaire, en permettant à ceux qui ne peuvent pas partir en vacances de profiter des activités. Les personnes handicapées ne sont pas oubliées, avec des accès aux sites facilités.
Economiquement, l'opération Paris Plages semble être juteuse pour les partenaires : sans donner de chiffres précis, les sponsors indiquent être gagnants en termes d'image et de visibilité. Ils engagent pour la plupart des moyens financiers conséquents, mais leur investissement est payant. Par exemple, sur son stand, l'enseigne de distribution Marché Franprix propose aux enfants des ateliers "smoothies" : ceci nécessite la présence d'une diététicienne, d'un barman et de personnel d'accueil. Où commence le mercantilisme, où s'arrête la pédagogie ? Cela donne à réfléchir...
Les détracteurs de Paris Plages ne voient pas d'un bon oeil ce déferlement de sable, de matériel, d'eau, etc. Ils déplorent le report des habituels embouteillages dans d'autres zones de la capitale du fait de la fermeture des voies sur berge. Pour eux, Paris Plages, c'est du gaspillage et cela permet à l'industrie cimentière de "verdir" son image, sans faire par ailleurs des efforts pour protéger l'environnement.
Mais qu'on approuve Paris Plages ou pas, son succès est indéniable : le public est nombreux et d'autres villes françaises (Toulouse, Bordeaux, Strasbourg) et étrangères (New York, Tokyo, Bruxelles, pour ne citer qu'elles) s'y sont mises.
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